freedom for king kong
Vous trouverez leur album en vente en cliquant sur ci dessous:



FREEDOM FOR KING KONG - L' INTERVIEW
Bring's et Jean Bu bonjour. Le titre de votre nouvel album n'est pas sans rappeler un certain "Marche ou crève" de Trust. J'imagine que cette ressemblance n'est pas due au hasard ?
Bring's : Non ! C'est un titre qui reste d'actualité. Une sorte de cri pour dénoncer un système qui nous écrase tous.
On se laisse faire et on rêve qu'il y ait des portes vers un avenir meilleur. On rêve, oui, mais de manière matérielle. Il n'y a plus de vrais combats, de dynamique, de réflexion sur la globalité des problèmes. Tout le monde ne s'occupe que de son propre rêve. En fait, "Marche ou Rêve" est un titre auquel on peut donner beaucoup de sens...
Vous portez sur notre société un regard plutôt pessimiste. C'est un peu votre état d'esprit ?
Jean Bu : Personnellement je trouve que non. Au contraire ! Ce qu'on cherche plutôt à dire c'est "réveillez-vous ! Il est toujours temps". Voilà ce que racontent les textes de notre album.
Bring's : Et même si nos paroles peuvent paraître pessimistes parfois, ce n'est qu'en apparence. On ne peut pas toujours aller de l'avant. Mener une réflexion sur la situation actuelle peut amener à anticiper ce qui se passera plus tard et donc d'être plus juste dans ses actes. Dans nos chansons nous dressons un constat. Si nos paroles sont dures, c'est que la vie est dure.
Est-ce à dire que les Freedoms sont un groupe engagé ?
Jean Bu : On nous pose souvent cette question et on répond toujours qu'on est un groupe enragé, parce que engagé tu l'es toujours dans ce que tu entreprends, ça ne veut donc pas dire grand chose. Enragés oui. Pas endormis du tout, et en concert les textes prennent un peu plus d'importance. Les gens qui t'écoutent peuvent venir te voir ensuite, discuter de tel ou tel sujet abordé dans telle ou telle chanson. Si ça peut les amener à réfléchir un peu, pour nous c'est gagné.

Quels sont les sujets qui vous enragent?
Jean Bu : Le racisme sous toutes ses formes. Qu'il soit social, ethnique, économique. Le non partage m'enrage, la non redistribution des richesse et tout ce gaspillage... En plus je pense qu'on en est qu'au début, de plus en plus on va être dévoré par le rouleau compresseur du libéralisme, de la mondialisation, mais les gens vont se réveiller enfin je l'espère.
Pour ce troisième album vous avez changé de maison de disque et de producteur, c'est un nouveau départ ?
Bring's : c'est plutôt la fin d'un cycle et le début d'un autre. On avait un mode de fonctionnement depuis le début des Freedoms, avec un entourage qui n'a presque pas changé et qui se résumait surtout à David qui était notre manager et tourneur. Son départ, il y a un an et demi, a tout remis en question. On était fort d'un passé de 7 ans et de 2 albums. Il a fallu construire un nouveau projet, trouver un nouvel entourage.
Alors cet entourage aujourd'hui c'est qui ?
Bring's : c'est un tourneur qui a pour nom AL4AS et qui est basé à Quimperlé. Pour la promotion de l'album c'est un label, Stern créé par Hervé Bergerat, un indépendant. Ce n'est pas quelqu'un de médiatique mais il faut quand même savoir que c'est lui qui a découvert Hubert-Félix Thiefaine et qu'il continue malgré sa notoriété à se lancer dans de petits projets comme le nôtre.
Jean Bu : En fait, Stern est son premier label. Je crois qu'il l'a réactivé cette année avec comme ambition d'en faire une sorte de label citoyen. Il signe avec un groupe quand il voit que le travail et ce que raconte ce groupe ont une portée sociale, politique. Nous bien sûr, ça nous intéresse. Quand on connaît mieux le type, on voit que ce n'est pas du pipeau, qu'il ne se sert pas de Stern et de nous comme faire-valoir, qu'il profite d'une certaine mode...
Bring's : Bien au contraire, commercialement il prend des risques. Et en ce moment la tendance est plutôt au recyclage. Faire du jeune avec du vieux. Fabriquer des Stars comme dans la Star Académy. Lui il va à contre-courant, il propose une autre alternative, il reste indépendant et libre de ses choix. Travailler avec lui est très facile. On lui explique ce que l'on veut, il nous dit ce qui est possible, et on trouve toujours un concensus.
Jean Bu : Et puis on est distribué par Sony. Hervé bosse uniquement avec cette maison de disque, on profite donc d'un très bon réseau. Là où on n'était pas présent avant, dorénavant on le sera.
Dans ce contexte ce troisième album doit être très important pour vous ?
Jean Bu : Oui ils sont tous très important. Mais celui-là, c'est vrai qu'on en attend un peu plus que les deux autres.
Bring's : Actuellement, le problème qui se pose à nous, c'est qu'on a un fossé entre le nombre de personnes qui viennent nous voir en concert, le nombre d'organisateurs de spectacles qui nous connaissent et font appel à nous et le nombre d'albums vendus. On ne veut pas gagner des millions mais si on réussissait à vraiment vivre de notre musique, ce serait génial. Aujourd'hui ce n'est pas le cas. Chacun reverse un tiers de ce qu'il gagne dans la formation pour qu'elle puisse continuer de tourner. La première année ce n'est pas trop grave, la deuxième ça commence à peser, sur trois ou quatre ans c'est réellement très dur. On a vendu 8 à 10 000 de nos premiers albums. Ce n'est hélas pas assez.

|
Pourtant vous profitez du soutien de Boucherie production, ce n'est pas
rien ?
Jean Bu : oui, mais la chute de ce label; il y a un an et demi, a jeté
une zone d'ombre sur pas mal de choses, en particulier sur la vente de
nos albums. Boucherie s'est arrêté au mois d'août 2001, notre deuxième
titre était sorti seulement depuis mars. Autant dire qu'il a bénéficié
d'une exploitation très très courte. Cela a immédiatement tué le
disque. Pour le remettre dans les bacs ensuite, les disquaires l'avait
déjà vu et déjà retourné. Ils n'en voulaient plus.
Bring's : En même temps, on s'était dit que la fin de Boucherie pouvait être pour nous un bon coup médiatique, nous étions le dernier groupe que cette maison de disque produisait, donc forcément, nous allions parler de nous, en fait on s'est trompé sur toute la ligne, tout ça a été plié sans que personne n'en dise mot.
|
Aujourd'hui la page est donc tournée, comment s'est passé l'enregistrement de votre dernier album?
Jean Bu : Je pense que cela a été la grosse aventure entre les gens du studio et nous. Bien sûr comme toujours dans ces moments là, il y a eu des hauts et des bas, des moments difficiles et des moments d'euphorie. On est souvent passé du rire aux larmes, malgré tout, ça a été assez fort. On a bossé comme des fous sur cet album, encore plus que sur les deux premiers, de 10 heures à 21 heures tous les jours. La pause c'était le dimanche, mais autrement on est resté assidu, concentré jusqu'au mixage de l'album. L'équipe a été beaucoup plus présente durant les six semaines et demi d'enregistrement.
Bring's : En fait, on travaille sur cet album depuis presque un an. On a commencé à écrire les morceaux au mois de juillet dernier avant même de savoir avec quelle maison de disque nous allions signer. On s'était dit à l'époque que ce que nous savions faire de mieux c'était la musique. Autant donc commencer à écrire de nouvelles chansons comme ça dès qu'on aurait un contact, on aurait quelque chose à présenter. Ainsi on a pris un peu d'avance et franchement ça nous a bien servi.
Jean Bu : Et puis à ce moment-là, la priorité c'était de sauver l'intermittence du spectacle. Avoir des dates, jouer, avant de trouver un nouveau producteur pour nos disques. Tout ça a été réglé en six mois. Très vite, nous avons eu de nouvelles dates un peu partout en France. On redevenait crédible, ça nous a aidé pour rencontrer Hervé Bergerat qui est ensuite devenu notre partenaire.
|
Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ce troisième album ?
Jean Bu : Moi, j'en suis très content. Et en même temps, quand tu sors d'une longue période de studio, tu ne sais plus vraiment.
J'ai quand même l'impression que je l'écoute beaucoup plus facilement que les deux premiers. C'est toujours de la Goril' music, comme on la définit, mais beaucoup plus affinée. On a concentré un peu plus tout ce que l'on savait faire. C'est plus sobre, plus carré, plus compact. On sait de mieux en mieux exprimer ce qu'on veut dire.

De la Goril' music, c'est quoi ça ?
Bring's : La Goril' music, c'est pas vraiment un genre. C'est plutôt la manière dont FFKK fait de la musique. On considère qu'on peut mettre tous les textes en peinture musicale. On peut aussi rajouter du texte sur toutes les peintures musicales. Pour cela, il ne faut pas s'imposer de limites. Nous, on se laisse porter par nos émotions. On est un groupe de rock. On joue du rock. Mais comme on a tous des aspirations très variées, il y a comme une sorte d'alchimie qui fait que notre musique reste très énergique, mais s'enrichit de beaucoup d'autres styles.
Jean BU : Un morceau peut prendre le contre-pied d'un autre. Notre public aime ça. Il sait que sur 11 chansons, à chaque fois ce sera différent.
Bring's : Mais malgré tout, on sent qu'il y a quand même une patte, une signature FFKK. Dans notre musique il y a un peu de ragga, de l'électro, du métal, plein de choses mélangées au service d'une musique assez patate.
Jean Bu : C'est pour ça qu'en se lançant dans ce genre de musique, on savait qu'on allait très vite nous mettre une étiquette à rallonge du style fusion-techno-ska-ragga-truc-muche et compagnie. Notre parade à nous, ça a donc été de dire qu'on fait de la Goril' music. Freedom For King Kong jouant de la Goril'music, ça sonnait plutôt bien. En plus ça a fait rire les gens...
Et la scène dans tout ça, on a l'impression que pour vous c'est vital. Bien sûr, après la sortie de ce nouvel album il y aura une tournée ?
Jean Bu : Forcément ! Pour le moment, on a déjà une vingtaine de dates prévues, et ce n'est qu'un début. La scène, on a toujours abordé ça de façon très chaude. Entre nous cinq, ça a toujours été électrique. Franchement, un concert des Freedoms, on peut dire que c'est un vrai concert de rock pour ceux qui veulent bien libérer le primate qui est en eux !
Bring's : La scène, c'est notre jardin à nous. On y a nos repères. Même quand on ne se trouve pas bon, les gens qui sont venus nous voir disent qu'ils ont assisté à un super spectacle, plein de mouvements, avec de bonnes lumières, un bon son. On se sent vraiment à l'aise en concert alors que le studio, moi j'ai l'impression qu'on a encore beaucoup de choses à apprendre. En même temps, on en fait beaucoup moins, c'est plus épisodique comme rencontre, ça paraît donc normal.
Jean Bu : Mais c'est vrai que la musique offre ça, deux gros plaisirs. Jouer en public et faire des albums. Le studio reste quand même une grande aventure. Tu en ressors complètement vidé. Après, la scène offre d'autres sensations. Mais la sortie d'un album pour un groupe c'est quand même quelque chose...
Propos recueillis par Ned.


Et pour bien finir l'article voici une planche dessinée par Buvar, le Bassiste des Freedom For King Kong.

Haut de Page